AMICALE DU 3ᵉ RPIMa

et des troupes de Marine

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et des troupes de Marine​

L’un des objectifs de l’armée de Terre est d’avoir une brigade « bonne de guerre » en 2025

par Laurent Lagneau · 12 janvier 2025 (Source : Zone militaire / opex360.com)

L’an passé, dans le cadre de son nouveau plan stratégique, intitulé « armée de Terre de combat », l’armée de Terre s’est concentrée sur la réorganisation de ses grands commandements, désormais au nombre de quatre, avec le commandement de la force opérationnelle terrestre [CFOT], la Direction des ressources humaines de l’armée de Terre [DRHAT], la Direction centrale de la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres [DCSIMMT] et le Commandement du combat futur [CCF].

En outre, elle a créé quatre nouveaux commandements dits « Alpha » [CAPR, CALT, CAST, CATNC] lesquels sont chargés de « mettre en synergie et de préparer les forces placées sous leurs ordres ».

Désormais, il est question de décliner ce plan stratégique au niveau des brigades. Pour rappel, ce dernier fait du principe de subsidiarité une « ligne directrice forte de la transformation de l’armée de Terre », l’idée étant de passer de la « culture de la norme à celle de l’intention, de la responsabilité et du résultat ».

En clair, il s’agit de donner plus d’autonomie aux « brigadiers » [c’est-à-dire les généraux commandant ces brigades] dans plusieurs domaines définis [gestion du personnel, soutien, infrastructures, etc.], dans la limite des « directives et du cadre fixé par les contrats opérationnels ». Ce qui suppose qu’ils aient la main sur les moyens financiers nécessaires.

Dans la dernière Lettre du CEMAT, qui vient d’être diffusée, l’armée de Terre indique ainsi que 2025 sera « l’année des brigades ». Concrètement, celles-ci auront plus de latitude dans quatre domaines.

Ainsi, détaille le document, la « subsidiarité » sera « renforcée en matière RH [ressources humaines], dans l’attribution de primes individuelles [prime de lien en service, prime du combattant terrestre, prime de commandement et de responsabilité militaire] et l’adaptation de la dotation ‘habillement’ des soldats au moyen d’une enveloppe financière ». En outre, le « plan de subsidiarité budgétaire permettant de marquer les efforts vers les unités » sera reconduit, que ce soit pour l’entretien des infrastructures, la condition du personnel, la préparation opérationnelle ou encore la communication.

Ainsi, précise la Lettre du CEMAT, la « mise en place d’enveloppes de ressources liées à l’activité et à l’entraînement permettront au brigadier de définir la meilleure ambition opérationnelle » en fonction des moyens qui lui auront été alloués.

Par ailleurs, l’objectif de l’armée de Terre est de confier, là où c’est possible, les « prérogatives du soutien local », qui relèvent de Bases de défense, à ses commandants de brigades.

« Ce double casquettage doit fournir les leviers favorables à la coordination des effets des soutiens, sans remise en cause des prérogatives des chaînes de soutien. Cette évolution s’accompagne d’un regroupement des Bases de défense pour atteindre une taille critique d’environ 10 000 personnes » [soutenues], explique-t-elle.

Enfin, les brigades interarmes verront leurs « capacités de soutien propre accrues » avec la montée en puissance des « compagnies de commandement de transmission et de soutien » [CCTS].

Quoi qu’il en soit, ces mesures doivent permettre d’atteindre l’un des objectifs de l’armée de Terre pour 2025 : celui de disposer d’une brigade « bonne de guerre ». C’est le « premier jalon opérationnel de la remontée en puissance vers une composante terrestre réactive, puissante et endurante », souligne la Lettre du CEMAT.

Et d’ajouter : « Véritable échelon de cohérence, la brigade doit concilier l’exigence d’une réactivité accrue et la nécessaire amélioration du fonctionnement au quotidien de l’armée de Terre en opération permanente ».

Frappe dans la profondeur : L’armée de Terre veut des munitions téléopérées à longue portée

par Laurent Lagneau · 12 janvier 2025 (Source : Zone militaire / opex360.com)

Jusqu’à présent, étant donné que la doctrine française en matière de défense repose sur la dissuasion nucléaire, l’armée de Terre n’a pas montré un intérêt particulier aux moyens conventionnels de frappe dans la profondeur, contrairement à l’armée de l’Air & de l’Espace et à la Marine nationale, qui, respectivement, mettent en œuvre les missiles de croisière SCALP EG et MdCN. Aussi, elle ne dispose actuellement que d’une poignée de Lance-roquettes unitaires [LRU], capables d’atteindre une cible située à 70 km de distance.

Aussi, avec les retours d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine, et après l’avoir longtemps négligée, l’armée de Terre entend se doter d’une telle capacité. D’où le programme FLP-T [Frappe longue portée terrestre], lequel doit lui permettre d’aller au-delà du simple remplacement des neuf derniers LRU encore en service au sein du 1er Régiment d’Artillerie [RA] puisqu’il est question d’en acquérir au moins vingt-six exemplaires à l’horizon 2035.

Ce programme FLP-T va de pair avec l’ambition de l’armée de Terre de prendre la direction d’un corps d’armée au sein de l’Otan. Aussi, l’enjeu est qu’elle ait les moyens de frapper des cibles situées à 120/150 km de distance [ce qui correspond à la responsabilité d’un corps d’armée]. Voire plus, s’il s’agit d’obtenir des effets au niveau interarmées ou stratégique. C’est d’ailleurs la raison d’être d’un second projet qui, appelé ELSA [European Long Range Strike Approach], doit faire l’objet d’une coopération entre la France, l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède.

Pour le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, le projet ELSA ne s’oppose pas à la dissuasion nucléaire : il la complète, voire la renforce.

« La question des frappes à longue ou à très longue distance, pour les Français, c’est toujours quelque chose qui est un peu tabou parce que, en fait, on n’a pas le droit de parler de dissuasion conventionnelle quand on est une puissance dotée. Mais enfin, j’ai brisé ce tabou depuis déjà plusieurs mois en disant : ‘même une puissance dotée a besoin d’adosser sa dissuasion nucléaire sur un système de dissuasion conventionnelle, en tout cas, des forces conventionnelles importantes’ », avait-il en effet expliqué, en juin dernier, lors du lancement de ce projet.

Quoi qu’il en soit, commentant une étude sur la frappe dans la profondeur récemment publiée par l’Institut français des relations internationales [IFRI], le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Pierre Schill, a expliqué que cette capacité ne devait pas reposer sur les seuls missiles à longue portée dans la mesure où les moyens de déni et d’interdiction d’accès [A2/AD, pour Anti-Access/Area Denial] sont toujours plus performants.

« La frappe dans la profondeur répond au besoin de produire des effets décisifs, cinétiques mais pas seulement. Au-delà du champ de bataille, elle a pour objet de percer les systèmes de défense d’un ennemi pour frapper ses centres de gravité et l’affaiblir durablement », a d’abord expliqué le CEMAT, via le réseau social LinkedIn. En outre, a-t-il souligné, elle « influence directement les jeux d’alliances et les équilibres sécuritaires régionaux et internationaux ». Ainsi, a-t-il détaillé, « l’Ukraine a procédé à l’acquisition de nouvelles capacités dans ce domaine en développant des gammes variées de drones longue portée » tandis que « l’armée russe utilise des salves balistiques mixtes mêlant effets de saturation et de précision ».

En clair, il ne suffit pas de disposer de missiles de longue portée à la fois performants et précis [donc onéreux]… Ces derniers doivent être complétés par d’autres effecteurs, moins perfectionnés et pouvant donc être acquis en grande quantité.

« L’avenir de la frappe dans la profondeur réside probablement dans des capacités de salves mixtes, combinant effet de saturation par des effecteurs peu chers et rustiques et effet de pénétration par des vecteurs haut de gamme précis et puissants », estime le général Schill.

Ces « effecteurs rustiques » pourraient être des munitions téléopérées [MTO], comme le Shahed-136 iranien [ou Geran-2], que les forces russes utilisent massivement, en complément des missiles de longue portée tirés contre les infrastructures critiques ukrainiennes.

« En s’appuyant sur la Direction générale de l’armement [DGA] qui organise un solide partenariat avec les industriels de défense, l’armée de Terre travaille, en lien avec les autres armées, au développement de ces capacités de frappe dans la profondeur ainsi qu’à l’amélioration des moyens de se prémunir de celles de ses ennemis putatifs : protection anti-aérienne, anti-missile, capacité de brouillage », a rappelé le CEMAT.

Mais cet effort n’est pas suffisant. « En parallèle, la constitution d’une flotte de drones permettra un autre type de frappe dans la profondeur », a fait valoir le général Schill. Et d’assurer que « l’armée de Terre poursuit ses réflexions et ses adaptations pour garantir son efficacité dès ce soir et être prête au combat de demain ».

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